L’elfe qui a tenté de participer à la bataille s’appelle Artya. Elle fait partie de la confrérie des bois sacrés qui œuvre pour que le mal ne l’emporte pas sur ce monde. Les bois sacrés sont constitués exclusivement de femmes, et c’est le moment d’avoir une petite pensée pour Sélène que connait Artya et qui nous a accompagné pendant si longtemps, jusqu’à la session 11, jusqu’à avoir mis Kunoz en prison. Artya craint la puissance de l’épée, et si nous voulions l’utiliser pour commettre des méfaits elle tenterait de nous la dérober ! Ce n’est pas le cas, lui assurons-nous, nous ne voulons pas le mal, a-t-elle des indices sur l’affaire de la pénurie de saucisses ? Nous croisons les informations, elle n’a pas de renseignements sur la pénurie de chair à saucisse, elle sait qu’un culte nommé le culte d’Isolde est en activité dans la région, et elle a bien sûr entendu parler des champignons chelous et du marasme qui a envahi la nature environnante. Quand Roland lui clarifie nos intentions de récupérer le grimoire de Georgo volé par Friddryn, elle propose sans détour d’aller directement confronter le dragon et de le tuer si nécessaire. Roland trouve que l’occasion se prête à la pavane et explique à Artya qu’il est capable de contacter Georgo à distance grâce à une boulasse. Bien qu’Artya n’appelle pas ce moyen de communication une « boulasse » elle en possède également une, et n’est pas très impressionnée. Roland contacte Artya, qui est dans la même pièce, via la boulasse pour appuyer ses propos. Artya n’est toujours pas très impressionnée. Jehan ne prête que peu d’attention à cette conversation entre Artya et Roland, puisqu’à ce moment l’emprise de l’épée se fait plus forte ce qui le pousse à se jeter vers le coffre. Theren tente de l’arrêter. Il tente très très bien de l’arrêter mais Jehan parvient très très bien à se faufiler, il atteint le coffre et se met à le secouer. Nous sentons que la puissance de l’épée est bien présente puisque le coffre commence faiblement à briller. En deux pas Roland empoigne Jehan et le secoue pour le sortir de sa transe. Jehan, hagard, voit enfin l’évidence : il faut se débarrasser de cette épée malfaisante. Nous prenons la décision de rejoindre Yarmule dès le lendemain matin afin d’apposer un sceau magique et de contenir l’esprit de Set le dragon enfermé dans l’épée. Lana sort ses deux épées courtes et s’assoie sur le coffre, bien décidée à veiller tout le reste de la nuit sur ce satané coffre. Pour plus de sécurité elle demande à Boulotte de veiller avec elle, et de la croquer si elle commence à avoir un comportement anormal. Boulotte acquiesce d’un tremblement de moustache. Les autres aigles royaux s’endorment et Artya repart promettant de revenir le lendemain matin.
Le matin se lève sur Qormi et Jehan galvanisé par le combat puis reposé par la nuit, mais surtout très tourmenté par l’attraction de l’épée, se lève et part faire un petit tour dans la rue. Il rencontre Artya et discute avec elle, un peu de tout, un peu d’Hamé, est-il véritablement charpentier malgré tous les détails qu’il est capable de donner sur sa vie de charpentier, sa formation de charpentier, ses compétences et ses œuvres de charpentier ? La conversation tourne court puisqu’Artya ne partage pas les doutes de Jehan sur la vie d’Hamé et est plutôt admirative de son travail. A son réveil Roland contacte directement Artya via la boulasse et descend la rejoindre après avoir bu une tasse de khaffé. Les autres descendent aussi, Lana portant lourdement l’épée. A leur sortie, l’aubergiste s’inquiète du vacarme qu’il a entendu au milieu de la nuit. Des explications confuses et contradictoires jaillissent de toutes parts, peut-être Violata s’entrainait-elle à danser cette nuit et a dû se cogner aux meubles, ou bien Theren est noctambule, ou bien c’est vent qui a cassé la vitre, et puis de toutes manières on n’a rien entendu.
Nous nous mettons en marche, et Jehan montre la voie. Sur le chemin, Theren secoue Rémy, afin de le rendre malade. Il espère ainsi que Lana s’inquiètera et viendra parler à Rémy. On n’est pas loin du syndrome de Münchausen par procuration. Rémy n’apprécie que très moyennement et s’échappe pour s’isoler dans la forêt. Theren et Jehan lui courent après pour le faire revenir, tandis que la troupe avance, Lana trop occupée à porter l’épée n’a même pas perçu qu’il se passait quoique ce soit. Quand le groupe arrive chez Yarmule, celle-ci les attend devant sa chariote.
La définition de sceau est passée à toutes les sauces. Yarmule s’emporte devant la sottise de certains. "Alors vous, vous en avez beaucoup dans les cuisseaux et les dorsaux mais pas beaucoup au niveau du ciboulot, vous êtes de sacrés morceaux, vous vous emmêlez les pinceaux, on vous a surement un peu trop secoué dans le berceau. Un sceau, ce n’est pas un seau !! Un sceau c’est une sorte de cire magique, un sortilège, qui peut servir à sceller ce qu’on souhaite sceller, comme l’esprit de Set, alors qu’un seau c’est plutôt pour servir de l’eau du ruisseau à son destrier quand on vient d’enlever sa selle !" A ces mots Jehan se redresse, saute sur ses deux sabots et demande l’air ensoleillé "Une selle pour sceller une épée ?" En réponse Yarmule émet un petit bruit presque imperceptible digne d’un souriceau et soupire "Vous êtes sérieux ?" Accablée par le poids de l’épée et par la discussion, Lana s’écroule sous le coffre. Pour se recentrer sur la mission, nous rentrons dans la tente de Yarmule pour boire un khaffé ou un khé. Yarmule a besoin d’une personne ayant des compétences magiques pour l’assister dans le scellement de l’épée. Roland utilise la force centrifuge sur un seau mais ça ne convient pas à Yarmule. Ce sera Violata qui aidera Yarmule, elles disposent des ingrédients au sol tout autour du coffre dans un cercle magique et commencent l’incantation. Le coffre commence à briller ce qui met Jehan hors de lui, il entre en frénésie et se précipite vers l’épée. En pénétrant le cercle, il interrompt l’incantation, ce qui crée une onde magique centrifuge. À la suite de cet incident, Jehan, Roland, Theren, Lana, Rémy et Boulotte sortent de la chariote pour laisser les magiciennes un peu tranquilles. Intenses et imprévisibles, deux dragons passent dans le ciel, nous repèrent et viennent se poser dans la clairière où est installée Yarmule. Nous comptons un moyen dragon qui n’est autre que Friddryn, et un petit dragon. C’est maintenant l’heure du combat.
Violata lance ses bonnes fléchettes. Roland fonce sur Friddryn, un coup dans l’eau, un coup dans la cage thoracique. Il tente de terroriser le dragon. Le dragon est terrorisé, et paf un coup d’épée courte pour la route. Artya fait bim l’épée magique dans le petit dragon. Lana transperce un peu Friddryn d’une flèche. Artya se prend de la foudre mais ce n’est pas trop grave. Friddryn tente de niaquer Roland mais n’y arrive pas, car il est trop terrorisé. Theren va attaquer le bébé dragon. Jehan, ému de voir Roland au contact avec Friddryn, entre en rage et frénésie, et c’est plutôt efficace. Violata lance des rayons ardents. Roland et Jehan sont au corps à corps avec Friddryn, Artya et Theren avec le petit, tandis que Lana et Violata attaquent à distance. La distance n’est cependant pas gage de sécurité puisque Friddryn fait un souffle de foudre qui achève Violata. Theren abat le petit dragon d’un coup de poing, et son deuxième coup de poing chargé il sautille jusque Friddryn, mais tape dans le vide. Roland passe dans la gorge de Friddryn et lui tranche la tête pour l’offrir à Jehan afin qu’il prenne le trophée de son choix. Jehan n’est pas si matérialiste puisque sans même regarder la tête du dragon, il vient s’agenouiller devant le corps sans vie de Violata et tente de la secouer pour la réanimer. Yarmule qui a fini son incantation se précipite vers Violata. Elle réattache l’âme de Violata à son corps, à la demande de l’âme de Violata, et réinsuffle de la vie dans ses cellules. Violata ouvre les yeux et prend une grande inspiration, elle est vivante, de nouveau.
Nous sommes au bord de l’épuisement, nous retournons dans la chariote de Yarmule pour nous reposer. Pendant son sommeil, Violata perçoit une voix qui lui murmure "Violata, je t’ai sauvée, maintenant tu m’en dois une" et elle peine à savoir si cette voix provient d’un rêve ou non. Le matin se lève, brise légère 10-15 nœuds, nébulosité zéro, c’est l’heure pour nous de repartir en direction du nid de Friddryn. L’épée est maintenant neutralisée et Lana la porte sur son dos avec légèreté. En longeant la rivière, nous observons de la fumée qui provient d’un camp, mais sans plus de détails sur ce qui l’occupe. De la rivière émane cette atmosphère moralement puante qui atteint la nature et on sent Rémy perturbé. Lana discute un peu avec lui pour le convaincre de ne pas s’approcher de la rivière, l’eau contaminée lui a déjà fait bien assez de dégâts. A la nuit tombée alors que le couchage s’organise dans la forêt, une présence rôde, deux formes humanoïdes, qui se replient avant qu’on ait pu les identifier. Theren, Lana, et Artya partent voir de qui ou de quoi il s’agit et identifient 7 ou 8 orques trainant non loin de là. Theren, Lana, et Artya prennent peur et reculent pour rejoindre les autres, mais il semblerait que ce soit trop tard puisque FLAM une flèche venant de la direction des orques vient de se planter dans un arbre !